CO2 : les efforts du secteur automobile insuffisants pour les normes européennes

Olivier Sancerre

Alors que les constructeurs automobiles ont entamé leur transition vers l'électrique à marche forcée, une étude de l'ONG Transport et Environnement montre que ces efforts seront insuffisants pour atteindre les objectifs d'émission de CO2 en 2030.

Deux constructeurs seulement devraient atteindre les objectifs d'émissions de CO2
Pour parvenir aux objectifs d'émission de CO2 que s'est fixée l'Union européenne pour 2030, il faudrait que deux voitures vendues sur trois soient électriques. Même s'il s'est déjà écoulé davantage de voitures électriques depuis début 2021 que sur tout 2019, l'industrie automobile ne sera pas au rendez-vous : l'étude de Transport et Environnement relayée par Les Echos montre que seuls deux constructeurs ont les capacités industrielles pour y parvenir, Volvo et Volkswagen.

Poussé par l'engouement des acheteurs et forcé par les normes européennes, l'ensemble du secteur a pivoté vers l'électrique, en annonçant des investissements de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Pour établir son classement, l'ONG a examiné les différentes stratégies des acteurs… qui ont été jugées insuffisantes pour la grande majorité d'entre eux.

Les Français en milieu de classement
C'est le cas pour les représentants français du secteur, qui sont actuellement en milieu de peloton. Stellantis et Renault doivent cependant annoncer leurs feuilles de routes complètes dans les prochaines semaines, mais d'ores et déjà Transport et Environnement pointe la « très large marge de manœuvre » que les deux constructeurs se sont octroyés en misant sur les hybrides rechargeables. Une technologie bien plus polluante qu'annoncée par les normes, déplore l'ONG.

L'étude préconise un resserrement des règles européennes avec de nouvelles normes plus contraignantes en 2025 et 2027. De cette façon, les constructeurs automobiles ne pourront que suivre et les ventes de véhicules électriques décolleront à l'horizon 2030, soutient l'ONG. Il faudra toutefois un coup de pouce de la part des pouvoirs publics pour aider l'industrie à adapter son outil de production tout en aidant à la formation des nouveaux métiers liés à cette nouvelle motorisation.