Chute importante de la fréquentation dans les musées parisiens

Olivier Sancerre

Après un été marqué par la crise sanitaire et un tourisme international en panne, le bilan est forcément morose pour les grands musées parisiens. Mais les établissements de province s'en sortent un peu mieux.

Les visiteurs étrangers manquent à l'appel
Dès le mois de juin, le Musée du Louvre a demandé une aide financière à l'État : le signe que les mesures sanitaires et les frontières fermées (ou difficiles à franchir) ont eu un impact très fort sur la fréquentation des grands établissements touristiques de la capitale française durant l'été. Cela se confirme dans les chiffres de fréquentation obtenus par l'AFP. Ainsi, dans ce même Musée du Louvre, les visiteurs ont été 70% moins nombreux au mois de juillet, et 60% en août. Au musée d'Orsay, le bilan n'est guère meilleur, avec une baisse brutale de la fréquentation de 70% tout au long de l'été.

Les pertes estimées au musée d'Orsay se monte à 28 millions d'euros pour l'année. Elles seront de 20 millions pour le centre Pompidou. Le Château de Versailles a accueilli trois fois moins de visiteurs cet été. Ces baisses des niveaux de fréquentation correspondent peu ou prou à l'étiage des visiteurs étrangers enregistrés l'été dernier : ils avaient représenté 75% des visiteurs au Louvre, ou encore 8 visiteurs sur 10 à Versailles. Sans les touristes étrangers, ces grands musées sont réellement désemparés même s'ils ont invité les touristes français et les Parisiens à venir (re)découvrir leurs collections.

Paris à la remorque
Le président du Centre des monuments nationaux, Philippe Bélaval, confirme que Paris est « complètement à la remorque ». Les visiteurs étrangers qui manquent à l'appel venaient souvent à Paris dans le cadre de circuits organisés. Or, ces circuits ont été, pour une très grande part d'entre eux, annulés. En province, la situation est quelque peu différente. Les grands muses reposent davantage sur les visiteurs locaux, c'est ce qui explique la relative bonne tenue de la fréquentation dans ces établissements.

Au Mucem de Marseille par exemple, la fréquentation a reculé de 15% pour le site cet été, et de 20% pour les expositions. L'été s'est montré « très correct », selon la direction du Louvre-Lens, où la fréquentation a baissé de 28%. Il y a même des monuments et des lieux qui ont enregistré une forte augmentation de leur fréquentation : cela a été le cas du Mont-Saint-Michel avec une progression spectaculaire de 50%, ou encore la cité de Carcassonne (+48%). Les lieux en plein air ont visiblement plus de chance de sortir de la crise sanitaire en meilleure forme.