Huawei investit 200 millions d'euros pour sa future usine française

Olivier Sancerre

Huawei a annoncé un investissement de 200 millions d'euros en France pour lancer la construction de son premier site de production hors de Chine : ce sera pour l'usine de Brumath, dans le Grand Est.

Huawei : début de la production en 2023
L'an dernier, Huawei annonçait son intention d'implanter une usine à Brumath, dans la communauté d'agglomération d'Haguenau (Grand Est). Le géant chinois des télécommunications et des smartphones a confirmé cette semaine son intention avec un investissement de 200 millions d'euros pour le site, qui produira à partir de 2023 des stations de base sans fil pour les générations de technologies 3G, 4G et 5G. Ces composants sont indispensables aux smartphones, ils leur permettent d'accéder aux réseaux cellulaires. La construction de l'usine devrait débuter en 2022, une fois que l'entreprise aura obtenu les permis indispensables.

L'usine assemblera ces composants, elle les testera et les expédiera non seulement en France, mais aussi partout en Europe. Brumath dispose de lignes routières et aériennes, mais aussi ferroviaires et fluviales. Un atout qui a pesé dans le choix d'implantation européenne de Huawei. Le site embauchera dans un premier temps 300 personnes, puis les effectifs passeront à 500 postes (en majorité des citoyens français) une fois la production en route : fonctions techniques et administratives, mais aussi des ingénieurs et des spécialistes du contrôle qualité.

L'implantation européenne de Huawei
L'usine de Brumath va représenter une valeur de production d'un milliard d'euros pour Huawei. C'est donc une pièce essentielle dans le dispositif industriel du groupe, qui a mis en place 23 centres de recherche et développement en Europe, dont six en France. L'entreprise travaille également avec une centaine d'universités européennes.

Ces 200 millions d'euros sont donc un investissement majeur non seulement pour Huawei, mais aussi pour le bassin d'emplois de la communauté d'agglomération d'Haguenau et le Grand Est. Cela confère à Huawei un levier de négociation important si jamais le groupe voulait obtenir des assouplissements sur les interdictions de participer aux appels d'offres des opérateurs pour leurs équipements 5G… Huawei est en effet soupçonné d'espionnage par les États-Unis et par de nombreux autres pays. Le groupe paie ici ses liens supposés avec le gouvernement chinois.