Les Français estiment toujours que l'euro a fait baisser le pouvoir d'achat

Olivier Sancerre

Il y a vingt ans, l'euro trouvait sa place dans les poches de millions d'Européens. Un changement majeur dans 19 pays de l'Union européenne qui acceptaient d'abandonner leurs anciennes devises, mais cela s'est fait dans la douleur.

Pas de sortie de l'euro
Pas question de sortir de l'euro. Un sondage YouGov pour MoneyVox révélé par Le Figaro montre que 56% des Français veulent conserver la monnaie unique européenne. Les personnalités politiques qui s'opposaient à l'euro ont dû rebrousser chemin, comme cela a été le cas pour une bonne partie de l'extrême droite et de Marine Le Pen, qui a abandonné cette idée en 2019.

La route de l'euro est-elle dégagée ? Pas vraiment ! D'après le même sondage, huit personnes interrogées sur dix estiment que la devise est responsable de la hausse des prix et par conséquent, de la baisse du pouvoir d'achat. Une idée reçue largement fausse, contredite par les études, mais qui perdure depuis le lancement de l'euro en janvier 2002.

Une devise encore jeune
Le pouvoir d'achat devrait se contracter au premier semestre 2022, selon l'Insee, de 0,5%. Mais les facteurs sont largement étrangers à l'euro : flambée des coûts des carburants, pénurie de matières premières, difficultés d'approvisionnement… Sans oublier la force du dollar, qui demeure la devise de référence. L'ambition de l'euro de devenir une monnaie de premier plan s'est concrétisée, mais sa puissance politique reste encore à prouver.

Il y a dix ans, la crise de la dette (conséquence de la crise financière de 2008) avait failli avoir la peau de l'euro. Fort heureusement, la Banque centrale européenne a changé son fusil d'épaule en soutenant massivement la monnaie unique. Depuis, elle s'est stabilisée mais il manque encore une union politique et économique à même de raffermir la position de l'euro dans le monde.