Michelin programme jusqu'à 2.300 suppressions de postes en France

Olivier Sancerre

C'est un coup dur pour Michelin et pour l'économie française dans son ensemble, frappée par les conséquences de la crise sanitaire. Le géant du pneumatique a annoncé un « plan de compétitivité » comprenant jusqu'à 2.300 suppressions de postes.

Coup de massue chez Michelin
Dans un contexte déprimé en raison de l'épidémie de COVID-19, l'annonce fait grand bruit : Michelin a dévoilé un plan de compétitivité comprenant la suppression de jusqu'à 2.300 emplois sur les trois prochaines années. Florent Menegaux, le président du groupe, assure toutefois qu'il n'y aura ni fermeture d'usines (15 sites industriels en France), ni départs contraints. Michelin emploie 21.000 salariés dans l'Hexagone. « Nous anticipons environ 60% de mesures de préretraites et 40% de départs volontaires, dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC) », explique-t-il dans le communiqué.

En revanche, tous les sites français de l'entreprise seront concernés par cette coupe claire. Mais Michelin s'engage à recréer autant d'emplois qu'il y en aura de supprimés, souligne le groupe qui compte développer de nouvelles activités en interne ou installer d'autres entreprises sur les territoires touchés. Ce plan doit permettre à Michelin d'améliorer sa compétitivité (jusqu'à 5 % par an), dans un secteur mondial du pneumatique sous pression de la concurrence à bas coût. Des négociations avec les syndicats vont s'ouvrir pour l'accord-cadre de trois ans. Au terme de ces négociations, on connaîtra le nombre précis de départs pour chaque site.

Résultats positifs en 2020
Michelin n'est pourtant pas l'entreprise la plus à plaindre. Le géant industriel devrait ainsi annoncer des résultats positifs en 2020, malgré la crise sanitaire. Et il a versé 360 millions d'euros de dividendes l'an dernier à ses actionnaires… Mais aussi « 6,4 milliards d'euros en frais de personnel, dont 1,2 milliard en France », ajoute Florent Menegaux pour éviter les procès d'intention. Michelin n'abandonne pas la France, assure-t-il encore. L'entreprise va réinvestir une partie des économies réalisées dans le développement de nouvelles activités et poursuit sa stratégie de localisation dans l'Hexagone d'activités comme les piles à hydrogène, les colles, ou encore l'impression 3D.

Du côté de Bercy, cette annonce passe mal alors que l'économie tricolore est paralysée par l'épidémie de COVID-19. Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l'Industrie, explique que le ministère de l'Économie sera « particulièrement vigilant » sur le respect des engagements du groupe. Elle surveillera en particulier la création de nouveaux postes en France, comme promis par Michelin, ainsi que « la compensation de chaque emploi par un autre emploi, des mesures d'accompagnement des salariés exemplaires et enfin un plan d'investissement pour moderniser ses outils de production, gage de la pérennité des sites français à moyen terme ».