PSA et Fiat Chrysler officialisent leur rapprochement

Olivier Sancerre

Le secteur automobile pourrait voir émerger un nouveau leader mondial, si la fusion « d'égal à égal » entre le groupe PSA et Fiat Chrysler réussit.

Numéro quatre mondial
Les deux constructeurs automobiles ont officialisé leur volonté de rapprochement dans un communiqué commun. Les entreprises veulent « unir leur force », ce qui leur permettra de devenir le 4e constructeur mondial derrière Volkswagen, Toyota et l'alliance Renault Nissan. La nouvelle entité produira 8,7 millions de véhicules chaque année et génèrera un chiffre d'affaires de 184 milliards d'euros. L'ensemble sera présent sur l'ensemble du spectre automobile, de l'entrée de gamme avec Fiat et Peugeot, au luxe avec Ferrari et Maserati. Il sera aussi présent aussi bien en Europe qu'aux États-Unis, avec un pied en Chine via Dongfeng, partenaire de PSA.

Sur le papier, ce rapprochement a du sens, mais encore faut-il régler tous les détails. Notamment tout ce qui a trait à la structure du capital du nouvel ensemble… Les actionnaires des deux groupes posséderont l'entité à parité 50/50. La famille Peugeot, qui possède 12,2% du capital de PSA, a accepté que la famille Agnelli (29% de Fiat Chrysler) détiennent davantage de part dans l'entité : 6% pour les premiers, 14,5% pour les seconds.

L'État bienveillant
L'État français, qui détient une part de PSA via Bpifrance, n'a pas voulu jouer de nouveau le mauvais rôle, comme cela avait le cas durant les discussions de fusion entre Renault et le même Fiat Chrysler. Le ministère de l'Économie se veut bienveillant, en posant tout de même des lignes rouges : « la préservation de l'empreinte industrielle en France, la localisation des centres de décision, et l'engagement du nouvel ensemble sur la création d'une filière européenne de batteries ».

Le nouveau groupe, si les discussions aboutissent, sera dirigé par Carlos Tavares, le président du directoire de PSA, pendant cinq ans. John Elkann, le président de Fiat Chrysler, conservera la présidence de l'ensemble. Celui-ci sera basé dans un pays neutre, les Pays-Bas, tandis que les sièges sociaux resteront situés en France, en Italie et aux États-Unis. Si les synergies sont attendues de l'ordre de 3,7 milliards d'euros, il n'y aura pas de fermeture d'usine.