Pas de fusion entre Renault et Nissan, assure Luca de Meo

Olivier Sancerre

Renault et Nissan ne fusionneront pas, assure Luca de Meo, le directeur général du constructeur français, qui plaide pour davantage de coopération. Ce projet de fusion était dans les cartons depuis des années.

Logique industrielle des deux groupes automobiles
Pas question de fusion avec Nissan, a assuré Luca de Meo dans le quotidien italien Il Sole-24 Ore. Si depuis 2010 la logique qui prévalait entre les deux groupes était de faire converger les organisations pour préparer cette fusion, le directeur général du constructeur français ne voit pas les choses de cette manière. « Je n'imagine pas une fusion car je ne suis pas sûr que cela ait un sens opérationnel », explique-t-il. En revanche, il voit « beaucoup plus de coopération et cela sera possible si l'Alliance évolue. Dans quelle direction, on verra ».

Des propos en ligne avec ceux de Jean-Dominique Senard, le président de l'Alliance (Renault-Nissan-Mitsubishi), qui a déjà eu l'occasion, à plusieurs reprises, de dire qu'une fusion ne s'imposait pas. L'ancienne direction de Renault, emmenée par Carlos Ghosn, a pourtant tout fait pour rapprocher les deux groupes. Les tensions sont montées jusqu'à l'arrestation de l'ex-patron de Renault et de l'Alliance à Tokyo, pour des soupçons de malversations financières. Selon l'homme d'affaires réfugié au Liban, il s'agit d'un complot mené par Nissan avec l'aide du gouvernement japonais pour faire capoter ce projet de fusion.

Tensions entre les partenaires
Il faut rappeler que Renault possède 43,4% du capital de Nissan, tandis que Nissan n'a que 15% des parts de Renault, sans droit de vote. Une situation déséquilibrée selon la direction japonaise qui a freiné la fusion des quatre fers. Les relations se sont réchauffées avec la nouvelle direction de Renault, l'Alliance ayant présenté en mai 2020 une nouvelle stratégie mondiale.

Luca de Meo en convient, les relations ont pu être orageuses : « Nous devons utiliser le fait que nous sommes mariés depuis 20 ans, il y a des enfants, il y a des moments de tension, mais nous avons tant à gagner en restant alignés », indique-t-il. Et de rappeler sa propre stratégie qui consiste à monter en gamme pour raffermir les marges : Renault-Nissan a été le premier constructeur mondial en 2018 en volumes de ventes, « mais si le numéro 1 au monde ne gagne pas d'argent ça veut dire que ce modèle ne fonctionne pas sur le long terme ».