Split de l'action pour Apple et Tesla

Olivier Sancerre

Alors qu'une grande partie de l'économie réelle est paralysée ou en très grande difficulté, une poignée d'entreprises caracolent en Bourse. C'est le cas d'Apple et de Tesla, qui vont fractionner leurs actions respectives fin août.

Des actions en plus dans le portefeuille
Le 28 août, les actionnaires d'Apple et de Tesla vont voir leur portefeuille grossir démesurément. Les premiers bénéficieront de trois actions Apple supplémentaires pour une détenue, les seconds de quatre actions Tesla pour une détenue. En valeur, cela ne change rien : les actionnaires n'auront pas plus ou pas moins d'argent dans leur portfolio ! En revanche, ces deux « splits » permettront à de petits investisseurs d'acquérir des titres de ces deux entreprises. L'action d'Apple va ainsi passer de 400 $ à 100 $, celle de Tesla de 1.500 $ à 300 $ environ.

Le fractionnement des actions, une opération tout à fait légale, permet de diversifier l'actionnariat. C'est aussi un moyen de faire grimper les cours en Bourse : suite aux annonces respectives du groupe informatique et du constructeur automobile, leurs titres se sont envolés alors qu'ils étaient déjà pris dans une spirale haussière. C'est tout bénéfice pour les actionnaires actuels, qui profitent donc de ces rallyes boursiers, et aussi pour la capitalisation boursière des deux groupes.

Des capitalisations boursières en grande forme
Avec une valorisation en Bourse qui dépasse les 250 milliards de dollars, Tesla dépasse la capitalisation des trois géants américains de l'automobile : General Motors (41 milliards), Ford (29 milliards) et Fiat Chrysler (23 milliards). Une performance d'autant plus méritoire que Tesla est loin d'avoir la même surface industrielle ou commerciale que ses concurrents. Son catalogue compte une poignée de véhicules électriques et ses usines peinent à satisfaire la demande. Il faut plusieurs mois d'attente avant d'obtenir sa voiture Tesla.

Pour Apple aussi, la progression boursière est stupéfiante. Le créateur de l'iPhone pourrait devenir la première entreprise américaine à atteindre une capitalisation de 2.000 milliards de dollars. En 2011, lors du passage de témoin entre le fondateur Steve Jobs et son successeur Tim Cook, Apple était valorisée 350 milliards. Les deux entreprises ont su tirer leur épingle du jeu durant un confinement qui a mis à genoux bon nombre de leurs concurrents.