Vers un rapprochement entre Carrefour et le groupe canadien Couche-Tard ?

Olivier Sancerre

Carrefour pourrait-il tomber dans l'escarcelle du groupe Couche-Tard ? L'enseigne canadienne a des vues sur le géant français de la grande distribution.

Discussions exploratoires entre Carrefour et Couche-Tard
Les magasins du groupe canadien Couche-Tard ne sont pas connus des consommateurs français, en revanche, ils représentent le quotidien pour des millions de Canadiens et de Québécois. Les Français vont peut-être apprendre à mieux connaître Couche-Tard : ce dernier a en effet confirmé des « discussions exploratoires » avec Carrefour. Dans un communiqué, l'entreprise explique vouloir procéder à un « rapprochement amical » entre les deux entreprises, dont la forme reste à définir : prise de participation ? Ou tout simplement acquisition ? « Les termes sont encore en discussion », explique Couche-Tard, « Il n’y a aucune certitude à ce stade que ces discussions déboucheront sur un accord ou une opération », poursuit la société.

Les deux entreprises ont une surface à peu près égale en termes de nombre de magasins. Couche-Tard exploite 14.200 magasins d'accommodation, dont 9.200 aux États-Unis et au Canada. Le groupe est aussi présent au Mexique, en Asie (Vietnam, Hong Kong), ainsi qu'en Europe (Scandinavie, Pologne, Irlande…) et en Russie avec 2.700 points de vente. La stratégie de croissance de Couche-Tard repose sur les acquisitions, comme cela avait failli être le cas avant la crise sanitaire en Australie, avec le projet d'achat du réseau Caltex pour 8 milliards de dollars canadiens.

Géant canadien de la grande distribution
Du côté de Carrefour, on compte 12.300 magasins de toutes tailles dans une trentaine de pays, en Europe, en Asie et en Amérique latine. L'an dernier, l'enseigne a affiché un chiffre d'affaires de 80 milliards d'euros, dont une grosse moitié réalisée en dehors de la France. La stratégie impulsée par le PDG Alexandre Bompard a commencé à porter ses fruits avec un redressement très net de l'activité commerciale du groupe.

C'est justement parce que Carrefour est dans une phase ascendante que beaucoup s'interrogent sur la faisabilité d'une telle initiative de rapprochement. A priori, Carrefour n'a aucunement l'intention de se faire racheter, mais un travail en commun reste toujours possible. Et cela permettrait à Couche-Tard de mettre un pied en France. Ce dernier affiche une capitalisation boursière de 46 milliards de dollars canadiens (environ 30 milliards d'euros), contre 12,6 milliards d'euros pour Carrefour.